Une baignade qui tourne mal peut surprendre en quelques secondes. Après une longue exposition au soleil, le corps est chaud, l’eau parfois très fraîche et le plongeon brutal. C’est dans ce contexte que peut survenir une hydrocution, souvent appelée « choc thermique ». Quels sont les symptômes à reconnaître ? Que faire si une personne se sent mal dans l’eau ou juste après être sortie ? Les bons réflexes peuvent éviter une noyade.
Qu’est-ce qu’une hydrocution ?
L’hydrocution correspond à un malaise provoqué par une réaction brutale de l’organisme au contact de l’eau, généralement froide. Le changement soudain de température entraîne une contraction des vaisseaux sanguins et peut perturber le fonctionnement du cœur et de la circulation. La personne peut alors ressentir un malaise, perdre connaissance et se noyer si elle se trouve dans l’eau.
Le terme est courant, mais il ne désigne pas une maladie précise. Dans les faits, plusieurs mécanismes peuvent expliquer un malaise pendant une baignade : choc thermique, trouble cardiaque, hypoglycémie, fatigue, déshydratation ou encore ingestion d’alcool. Il ne faut donc pas attribuer automatiquement toute perte de connaissance à l’hydrocution.
Le risque existe en mer, dans un lac, une rivière ou une piscine. Il est plus important lorsque l’écart entre la température du corps et celle de l’eau est marqué. Une eau à 18 °C peut sembler agréable après quelques minutes, mais le contraste est important après une exposition prolongée au soleil.
Les situations qui augmentent le risque
L’hydrocution peut concerner n’importe qui, y compris une personne en bonne santé. Certaines circonstances favorisent toutefois la survenue d’un malaise :
- une exposition prolongée au soleil ou à une forte chaleur ;
- une entrée brutale dans une eau froide ;
- un effort physique intense juste avant la baignade ;
- un repas très copieux, surtout par temps chaud ;
- la consommation d’alcool ou de substances qui diminuent la vigilance ;
- la déshydratation et la fatigue ;
- une baignade seul, sans surveillance à proximité ;
- certaines maladies cardiovasculaires ou des antécédents de malaise.
Le fameux plongeon après un barbecue au soleil n’est donc pas une très bonne idée, même si l’eau semble appeler à la baignade. Le corps doit avoir le temps de s’adapter.
Hydrocution : quels sont les symptômes ?
Les signes peuvent apparaître au moment d’entrer dans l’eau, pendant la baignade ou dans les minutes qui suivent. Ils ne sont pas toujours spectaculaires. Une personne peut simplement dire qu’elle « ne se sent pas bien » avant de perdre ses forces.
Les principaux symptômes d’alerte sont les suivants :
- des frissons importants ou une sensation de froid intense ;
- des crampes, notamment dans les bras ou les jambes ;
- des vertiges ou une sensation de tête qui tourne ;
- des nausées ou des vomissements ;
- des maux de tête ;
- une grande fatigue ou une faiblesse soudaine ;
- une respiration difficile, rapide ou irrégulière ;
- des palpitations ou une douleur dans la poitrine ;
- une vision trouble, une confusion ou un comportement inhabituel ;
- une perte de connaissance.
Une pâleur, des lèvres bleutées ou une peau froide sont également des signes inquiétants. Dans l’eau, la difficulté à parler, à appeler à l’aide ou à garder la tête hors de l’eau doit être prise très au sérieux.
Les signes d’une noyade à ne pas manquer
Une personne en train de se noyer ne crie pas forcément. Elle peut être silencieuse, paniquée et incapable de faire de grands gestes. Sa tête peut rester basse dans l’eau, avec la bouche proche de la surface. Elle tente parfois de se maintenir à la verticale sans parvenir à avancer.
Chez un enfant, le danger est encore plus difficile à repérer. Il peut disparaître sous l’eau en quelques secondes, sans attirer l’attention. Un enfant qui ne répond plus, qui ne nage plus normalement ou dont le visage devient inhabituellement immobile doit être sorti de l’eau immédiatement.
Après une sortie de l’eau, une toux persistante, une respiration anormale, une somnolence ou un comportement inhabituel nécessitent aussi un avis médical. Une personne peut sembler aller mieux puis présenter des complications respiratoires dans les heures suivantes.
Que faire face à une personne qui se sent mal dans l’eau ?
La priorité est d’éviter une deuxième victime. Ne vous jetez pas à l’eau si vous ne savez pas nager ou si les conditions sont dangereuses. Une personne paniquée peut s’agripper fortement à son sauveteur et l’entraîner sous l’eau.
Adoptez les réflexes suivants :
- alertez immédiatement les personnes présentes et les secours ;
- tendez un objet flottant, une perche, une corde ou une bouée ;
- demandez à la personne de s’accrocher et de garder la tête hors de l’eau ;
- si vous êtes formé et que la situation le permet, approchez avec un moyen de flottaison ;
- faites sortir la victime de l’eau dès que possible, sans vous mettre en danger ;
- appelez le 15, le 18 ou le 112, en précisant le lieu exact et l’état de la personne.
Sur une plage surveillée, prévenez immédiatement les sauveteurs. Ils disposent de matériel et connaissent les procédures d’intervention. Dans une piscine, utilisez l’alarme ou demandez à quelqu’un de prévenir les secours pendant qu’une autre personne aide la victime.
Les gestes à adopter une fois la personne sortie de l’eau
Une fois la victime au bord, vérifiez si elle répond et si elle respire normalement. Parlez-lui simplement : « Est-ce que vous m’entendez ? » ou « Respirez-vous normalement ? » Évitez de la laisser seule, même si elle affirme que tout va bien.
Si elle est consciente et respire normalement :
- installez-la au calme, assise ou allongée selon son état ;
- retirez les vêtements mouillés et couvrez-la pour éviter le refroidissement ;
- surveillez sa respiration et son niveau de conscience ;
- ne lui donnez pas d’alcool, de médicament ou de nourriture si elle est très faible, confuse ou nauséeuse ;
- demandez un avis médical si les symptômes persistent, réapparaissent ou si la baignade a été difficile.
Si la personne est inconsciente mais respire normalement, placez-la en position latérale de sécurité et appelez les secours. Restez près d’elle jusqu’à leur arrivée et vérifiez régulièrement sa respiration.
Si elle ne respire pas normalement, ou si elle ne respire plus, appelez immédiatement le 15 ou le 112, de préférence en mettant le téléphone en haut-parleur. Commencez un massage cardiaque si vous êtes en mesure de le faire et suivez les instructions du médecin régulateur. Utilisez un défibrillateur automatisé externe, ou DAE, s’il est disponible. Cet appareil donne des consignes vocales et peut être utilisé par le grand public.
Après une noyade, la réanimation doit être commencée le plus rapidement possible. Les insufflations peuvent être utiles lorsqu’elles sont réalisées par une personne formée, mais il ne faut pas retarder l’appel aux secours ni le massage cardiaque si l’on ne sait pas pratiquer le bouche-à-bouche.
Ce qu’il ne faut surtout pas faire
Certains réflexes populaires peuvent faire perdre un temps précieux. Il ne faut pas secouer une personne inconsciente, lui faire boire de l’eau, la mettre debout de force ou tenter de lui faire vomir. Il ne faut pas non plus la laisser « récupérer » seule sur sa serviette si elle a perdu connaissance, même brièvement.
Le réchauffement doit être progressif. Une douche très chaude ou une source de chaleur directement appliquée sur la peau n’est pas adaptée après un malaise. Couvrez la personne, mettez-la à l’abri du vent et attendez les conseils des professionnels.
Enfin, ne vous fiez pas uniquement à l’amélioration apparente. Une toux persistante ou une gêne respiratoire après une immersion peuvent révéler une complication. Dans le doute, mieux vaut demander un avis médical.
Comment prévenir l’hydrocution ?
La prévention repose sur une entrée progressive dans l’eau et une bonne surveillance. Avant de vous baigner, mouillez progressivement la nuque, les bras, le torse et le visage. Prenez quelques minutes pour vous habituer à la température, surtout après une longue exposition au soleil.
Quelques habitudes simples réduisent les risques :
- buvez régulièrement de l’eau avant et pendant la baignade ;
- évitez l’alcool avant de vous mettre à l’eau ;
- ne plongez pas immédiatement après un effort intense ;
- faites une pause à l’ombre si vous avez très chaud ;
- évitez les zones non surveillées, les courants et les endroits dont vous ne connaissez pas la profondeur ;
- ne vous baignez pas seul, en particulier si vous êtes fragile ou fatigué ;
- surveillez les enfants en restant à portée de bras, sans vous contenter de les regarder de loin ;
- respectez les drapeaux et les consignes affichées sur les plages.
Il est également utile de connaître les numéros d’urgence et de repérer les équipements disponibles : poste de secours, bouée, téléphone, défibrillateur. En France, le 112 permet de joindre les secours d’urgence européens. Le 15 correspond au Samu et le 18 aux sapeurs-pompiers.
Quand consulter après une hydrocution ?
Un avis médical est nécessaire après une perte de connaissance, une immersion prolongée ou une réanimation, même si la personne semble rétablie. Il faut également consulter rapidement en cas de douleur thoracique, de palpitations, d’essoufflement, de toux persistante, de confusion ou de grande fatigue.
Chez un enfant, les symptômes doivent être surveillés avec une attention particulière. Une respiration rapide, des vomissements répétés, une somnolence inhabituelle ou une coloration bleutée des lèvres justifient un appel immédiat aux secours.
Une hydrocution n’est pas un simple « coup de froid » à minimiser. Le danger principal est la perte de connaissance dans l’eau, suivie d’une noyade. Entrer progressivement dans l’eau, éviter les comportements à risque et réagir vite face aux premiers signes sont les meilleures protections pour profiter de la baignade en toute sécurité.

